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Il y a très peu d’événements positifs dans notre vie en ce moment. En revanche, les découvertes désagréables ne manquent pas. À mon avis, par leur discrimination primitive, certaines personnes n’offensent même pas nous, mais elles-mêmes.
Après ça, fais encore confiance aux gens !
Hier, « par relations » et « par bonté d’âme », dans l’urgence absolue, une abonnée de ma page Facebook francophone m’a proposé de louer l’appartement de son amie. Au début, la propriétaire refusait catégoriquement de m’envoyer le certificat DPE. L’abonnée évitait elle aussi doucement ce sujet.
Mais finalement, le certificat m’a été envoyé. Sans doute en espérant que je n’y comprenne rien. Je précise que les deux dames savaient parfaitement que nous avons un bébé d’un mois et demi. Ainsi, la classe énergétique de l’appartement est F. Je n’avais encore jamais vu ça. Mais passons. Dans le document, ce paragraphe m’a particulièrement marqué :
« Rapport sur le risque d’exposition au plomb (CREP)
Le plomb (principalement sous forme de céruse) contenu dans les revêtements peut provoquer une intoxication chez les personnes, en particulier chez les jeunes enfants, en cas d’inhalation ou d’ingestion. Les travaux réalisés sur des surfaces où la concentration en plomb est égale ou supérieure à 1 mg/cm² doivent être accompagnés de mesures de protection collective et individuelle.
Ces mesures visent à contrôler la dispersion des poussières toxiques et à prévenir l’exposition au plomb tant des travailleurs que des occupants de l’immeuble et des populations environnantes. Lors de ce contrôle, la présence de revêtements contenant du plomb au-delà des seuils réglementaires a été constatée.
En raison de la présence de tels revêtements et de la nature des dégradations observées (état usé/dégradé) sur certaines unités de diagnostic, et conformément à l’article L.1334-9 du Code de la santé publique, le propriétaire est tenu d’effectuer les travaux nécessaires pour supprimer l’exposition au plomb, tout en garantissant la sécurité des occupants.
Il est également tenu de remettre une copie complète du présent rapport (y compris les annexes) :
* aux occupants de l’immeuble ou de la partie concernée ;
* à toute personne amenée à effectuer des travaux dans cet immeuble ou cette partie.
En cas de mise en location, ces travaux doivent être réalisés par le bailleur. Le fait de ne pas effectuer ces travaux avant la mise en location constitue un manquement aux obligations particulières de sécurité et de prudence et peut engager la responsabilité pénale (article L.1334-9 du Code de la santé publique). »
J’étais choqué et, bien sûr, j’ai refusé une offre aussi « généreuse et bienveillante ». Et la propriétaire a conclu en disant quelque chose comme : « Les réfugiés ukrainiens, eux, ne se plaignent pas ». Quelle horreur ! Je ne vais pas porter plainte. Mais je considère qu’il est de mon devoir de rendre ce cas public. Au moins sur ma page Facebook et dans ce blog.
PS. Malheureusement, ce n’est pas le premier cas de ce genre de la part de mes nouvelles « connaissances » françaises.

Il m’est difficile d’accepter la réalité française
Il y a beaucoup de choses que j’aime en France. J’aime la politesse et le positivisme des Français. J’aime la langue et la culture françaises. Les villes françaises sont incroyablement belles. J’aime sincèrement la France. Mais il y a un point avec lequel je ne peux pas me réconcilier. C’est un niveau d’hypocrisie de l’État et de la société qui m’est totalement inacceptable.
Peut-être que j’y réagirais plus calmement si je n’étais pas moi-même né et grandi dans un pays où l’hypocrisie est depuis longtemps la norme. La société russe imposait en fait cette hypocrisie à chacun dès l’enfance. C’était une norme absolue, un point de départ. En commençant ma vie indépendante, je m’efforçais de me débarrasser de tout cela. Je n’étais pas prêt à accepter un tel niveau extrême d’hypocrisie.
Le désir de débarrasser mon pays du mensonge m’a conduit au journalisme. Au vrai journalisme honnête, et non à la propagande poutinienne. Le refus public de mentir et d’accepter le mal a fini par faire de personnes comme moi des ennemis idéologiques de l’État de Poutine. Après le début de la guerre, nous avons dû quitter notre pays. Parce qu’on a commencé à nous emprisonner et à nous éliminer physiquement. Je n’allais pas me taire — cela m’aurait privé de toute chance de survie.
Et me voilà en France, au berceau de la démocratie. Vive la liberté, l’égalité et la fraternité ! Comment ne pas se souvenir de la célèbre citation de Griboïedov : « Heureux celui qui croit, il a chaud au monde ! ». Hélas, plus je découvre la France, mieux je comprends comment tout fonctionne ici, plus j’essaie de m’intégrer dans la vie locale, plus je vois aussi ici de l’hypocrisie.
C’est comme une douche glacée. C’est comme découvrir que la personne que tu aimais n’est pas celle qu’elle prétend être. En Russie, on dit : ne t’illusionne pas, tu ne seras pas déçu. Mais il ne s’agit pas de mes jugements personnels ou d’illusions naïves. Ce sont des déclarations officielles. Auxquelles beaucoup de gens dans le monde croient.
Presque tout ce qu’on nous a raconté dans les cours de Formation civique s’est avéré être des contes. Pourtant, même pendant ces cours, nous connaissions déjà bien la réalité locale. Nous comprenons que la discrimination en France n’est pas seulement répandue, mais qu’elle constitue une norme historique bien ancrée. Nous comprenons que toute notre vie, on nous regardera avec des préjugés simplement parce que nous sommes réfugiés. Nous comprenons que cela ne changera pas.
Je comprends que, sous couvert de bienveillance, on essaiera souvent de nous refiler quelque chose de seconde zone, voire dangereux pour la santé. Parce qu’il y a toujours eu ici des groupes vulnérables. Et beaucoup pensent sincèrement que ce sont des personnes de seconde, voire de troisième catégorie. Et donc, selon la logique des chauvins, leurs besoins et leurs normes seraient différents. Cela relève déjà d’un racisme très prononcé.
Je comprends que beaucoup vont me contredire, dire que j’ai tiré de mauvaises conclusions. C’est possible. Peut-être que je me trompe. Les représentants de la classe moyenne n’ont probablement jamais vu cela. Mais ceux qui ne correspondent pas aux normes locales l’ont vu. Et pour ceux qui commencent ici leur vie tout en bas de l’échelle sociale, la réalité est tout autre. Bien loin des belles déclarations officielles.
De plus, je constate que ces problèmes ne concernent pas seulement les réfugiés, mais aussi les Français. Souvent même des Français qui travaillent. Je ne compte pas accepter l’hypocrisie et la discrimination comme norme. Mais je vais devoir apprendre à vivre avec. Je dois dire que j’ai trop idéalisé l’Europe éclairée. Cela ne signifie pas que j’ai cessé de croire en la démocratie et aux valeurs européennes.
J’ai simplement compris une fois de plus que « être » et « déclarer » ne sont pas du tout la même chose. Notre chemin en France sera bien plus difficile et sinueux que je ne l’imaginais. C’est en marchant qu’on fait le chemin. Je suis reconnaissant à la France et aux Français pour la chance qui nous est donnée. Je comprends simplement qu’il sera extrêmement difficile de la saisir.
Une visite tant attendue chez l’allergologue et mon scepticisme
Hier, j’ai enfin eu un rendez-vous chez un allergologue que j’attendais depuis août 2025. Si j’ai bien compris, les médecins ont confirmé le diagnostic. J’ai soufflé dans un appareil, on m’a fait des tests. Tout est très technologique. Presque tout le temps, j’ai dû utiliser un traducteur en ligne, car beaucoup de termes m’étaient inconnus. Grâce à Google Traduction, j’ai même pu communiquer avec l’infirmière et avec une patiente dans le couloir pendant l’attente.
Un grand merci aux médecins et aux infirmières. Ce n’était probablement pas très pratique pour eux, mais ils ont très bien géré et se sont montrés très chaleureux. Le médecin m’a prescrit de nouveaux médicaments. Si j’ai bien compris, un conseiller de l’hôpital devrait venir chez nous. Il devrait m’apprendre à créer un environnement de vie adapté dans l’appartement.
J’espère que cette personne sentira cette forte odeur et pourra en identifier la source. Car à 44 ans, je sais déjà très bien ce qui déclenche mes crises d’asthme et ce qui ne les déclenche pas. Je sais qu’il faut éviter les tapis, l’humidité, etc. Cela me conviendra parfaitement si ce spécialiste peut contraindre OPH Meuse à identifier et éliminer la source de l’odeur.
Mais idéalement, je préférerais déménager dans un logement plus adapté. Car cet appartement est dans un état tel qu’il faudrait tout nettoyer en profondeur, en retirant complètement les finitions. Et mieux encore, il faudrait démolir tout ce complexe résidentiel. Ce qui se fait d’ailleurs déjà dans ce quartier depuis longtemps.
Un autre problème est de savoir où reloger un si grand nombre d’habitants. Je suppose que certains ont de meilleurs appartements et aiment vivre ici. Honnêtement, je suis sceptique quant à une aide réelle pour déménager ou éliminer la source de l’odeur. Car en France, je me suis déjà habitué au fait que, dans la pratique, personne ne se soucie vraiment de nos problèmes ni de notre santé. Et que, concernant nos problèmes de logement, tout le monde se contente de suivre un script formel, en fermant les yeux sur les détails importants.
Autrement dit, très souvent, l’objectif n’est pas de résoudre le problème. Mais simplement d’effectuer des actions standard pour les rapports. Comme si : travail d’explication effectué, aucun problème, tout le monde est content. J’espère vraiment que cette fois ce sera différent. Et qu’on m’aidera. Car la toux m’épuise. Elle commence précisément quand je rentre dans l’appartement.
J’ai de moins en moins de forces, la fatigue augmente. Et j’associe en grande partie cela aux conditions de logement. Cela fera bientôt un an que nous vivons dans cet environnement agressif. Oui, notre fille est née. C’est une grande joie. Mais pour le reste, vivre dans cet appartement ressemble pour moi à une lente agonie. Je suis très inquiet pour la santé de ma fille. Les bébés sont très sensibles aux infections. La recherche d’un logement plus adapté n’a malheureusement pas encore abouti.
Pourquoi les propriétaires cessent-ils de répondre ?
Je continue à chercher un appartement. J’ai remarqué deux tendances intéressantes :
1. La plupart des propriétaires ne me répondent pas ;
2. Ceux qui répondent cessent de le faire dès que je demande le certificat de performance énergétique (DPE).
Pour le premier point, rien d’étonnant. Je donne pas mal d’informations sur notre situation. Les propriétaires décident probablement que nous ne sommes pas les locataires idéaux. Pour le second point, je n’ai qu’une hypothèse. Ce n’est pas une affirmation, mais plutôt une supposition. Je pense que ces appartements n’ont tout simplement pas de certificat DPE.
Ou bien la classe énergétique est très basse. Sans parler des surprises possibles, comme des concentrations de plomb dangereuses pour la santé dans les surfaces. Et j’ai aussi l’impression que certaines personnes pensent que, puisque nous sommes étrangers — et en plus réfugiés — nous ne comprenons pas les aspects importants liés au logement et aux documents. Peut-être ai-je tort. S’il existe d’autres explications, je serais reconnaissant aux personnes mieux informées de les partager.
PS. Sur la photo, l’appartement que nous avons loué pendant un mois dans la ville monténégrine de Nikšić. Tout y était parfait.
Petite prose
Je pense lancer une série de petites notes humoristiques au nom de la petite Nicole. On verra ce que ça donne…)
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À propos de l’auteur du blog. Je m’appelle Aleksandr UDIKOV. Je suis journaliste originaire de Russie, contraint de quitter mon pays en 2022 en raison de persécutions liées à mes articles condamnant l’attaque contre l’Ukraine. En 2024, j’ai obtenu l’asile politique en France. Dans ce blog, je parle de ma nouvelle vie, je partage mes observations et mes photographies.
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Amis ! Ceci est la traduction d’une publication de mon blog russophone Udikov.com (RUS). Les traductions de mes articles en français paraissent sur le site Expaty.Life (FR). Pour être informé des nouvelles publications du blog en français, abonnez-vous, s’il vous plaît, à ma page Facebook (FR).
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© Expaty Life. Blog d’un journaliste en exil | Expaty.Life | Udikov.com
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