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Cinquante photos du Bar-le-Duc printanier et de la route pittoresque menant au village voisin de Behonne.
Le soleil chauffe déjà, on peut se promener en t-shirt, et de tous côtés, dans notre quartier, résonnent les sons des fêtes de printemps. Il y a des gens qui ont toujours une fête dans l’âme. Je suis heureux pour eux, mais je préférerais être loin de cette fête. Ou au moins que les bruits des célébrations soient plus discrets. La question du déménagement reste suspendue dans l’air comme un petit nuage par temps sans vent. Et en ce moment, il me semble que nous ne partirons jamais d’ici.
Ce n’est pas ma meilleure série de photos. Pour faire des photos d’atmosphère, il faut de l’inspiration. Mais l’inspiration se marie très mal avec un stress sans fin. Et avec les tentatives de manœuvrer là où, semble-t-il, on n’a aucun choix. Nous ne baissons pas les bras, mais nous avons l’impression de rester debout sur un quai de gare pendant qu’un TGV fulgurant nous dépasse à toute vitesse, à ses 320 kilomètres à l’heure.
Nous avons des billets pour cet express lancé à toute allure dans nos poches. Mais, une fois encore, nous nous sommes retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Le train disparaît au loin, et nous retournons à notre éternel « jour sans fin ». À combien de reportages photo sur Bar-le-Duc en suis-je déjà ? Le trente-deuxième ? Ou déjà plus près du quarantième ? Je ne m’en souviens plus. Les photos se fondent dans un carrousel infini.
Nous nous sommes retrouvés dans une vie que nous n’avions pas choisie. Ici, c’est très beau. Mais nous avons l’impression d’être projetés dans un passé lointain. Et pas un passé réel, mais un passé alternatif. Car autrefois, Bar-le-Duc était une ville bien plus développée. Je photographie sans cesse les traces de cette ancienne grandeur. Et même aujourd’hui, la ville semble davantage vivante que morte.
Simplement, cette ville ressemble à une personne qui vit dans le passé, dans ses souvenirs. Nous, nous avons l’habitude de vivre dans le présent. Toutes nos compétences sont adaptées aux grandes villes. Ici, nous nous sentons étrangers. Nous ne cessons pas d’admirer la beauté de cette ville. Mais cette admiration porte une légère nuance de tristesse. On ne peut pas rester éternellement sur la défensive. Un jour, les forces finiront par manquer.
Nous le comprenons et nous voulons vraiment partir vers un endroit où une vie calme et paisible nous sera accessible. Une vie dans laquelle nous ne nous sentirons pas comme des exclus. La dernière fois, des collègues journalistes nous avaient aidés. Cette fois, nous nous défendons seuls. Et il devient évident que nous perdons cette bataille contre la bureaucratie française avec un score écrasant.
Il ne reste alors qu’une belle vieille ville et de la tristesse. De la tristesse et une petite ville ancienne. De la beauté et de la tristesse. Tristesse, tristesse, tristesse…
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À propos de l’auteur du blog. Je m’appelle Aleksandr UDIKOV. Je suis journaliste originaire de Russie, contraint de quitter mon pays en 2022 en raison de persécutions liées à mes articles condamnant l’attaque contre l’Ukraine. En 2024, j’ai obtenu l’asile politique en France. Dans ce blog, je parle de ma nouvelle vie, je partage mes observations et mes photographies.
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Amis ! Ceci est la traduction d’une publication de mon blog russophone Udikov.com (RUS). Les traductions de mes articles en français paraissent sur le site Expaty.Life (FR). Pour être informé des nouvelles publications du blog en français, abonnez-vous, s’il vous plaît, à ma page Facebook (FR).
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