PUBLICITÉ DE GOOGLE

Je raconte ici notre expérience dans un centre pour demandeurs d’asile où nous avons vécu presque un an, et je montre des photos de notre appartement.

Nous avons vécu pendant onze mois au CADA Clermont. C’est assez long. Étonnamment, il s’agissait déjà pour nous du troisième centre français pour demandeurs d’asile. Le logement suivant a été un appartement social dans lequel nous vivons actuellement. Déménager dans un logement indépendant a été une étape importante, nous rapprochant d’une vie autonome en France. Et le déménagement dans ces appartements privés, dont je parle aujourd’hui, après une chambre en foyer avec couloir collectif, a été pour nous un véritable bonheur !

DESCRIPTION RAPIDE : Un bâtiment de trois étages situé au bord d’une forêt, dans la petite ville de Clermont-en-Argonne. Il se trouve à proximité d’un ensemble de logements provisoires pour personnes sans domicile. Il dépend du CADA de Verdun et est géré par la société Seisaam. Il existe également un second centre pour demandeurs d’asile dans la même ville.

Les demandeurs d’asile vivent au deuxième étage du bâtiment ; au premier vivent des Français ayant des problèmes de santé. Au rez-de-chaussée se trouvent les bureaux des travailleurs sociaux, une salle de conférence, une buanderie et quelques appartements. Le bâtiment est adapté aux personnes à mobilité réduite, avec portes et couloirs larges, ainsi que des sanitaires aménagés.

Le centre est le seul bâtiment de la ville équipé d’un ascenseur. À côté du complexe se trouve un grand parking. Un minibus Ford sert au transport des résidents. En raison de sa situation en zone forestière, l’air y est particulièrement pur. Le relief de la ville rend chaque promenade semblable à un parcours de randonnée thérapeutique.

AVANTAGES :

— Il s’agit d’un bâtiment récent, bien conçu, avec de grandes fenêtres, des appartements confortables et des couloirs spacieux. Toutes les chambres sont en réalité de petits appartements avec coin cuisine, salle de bain privée et chambre ;

— Nous avions un très confortable appartement de deux pièces, avec un mobilier convenable. Les pièces étaient spacieuses, les fenêtres immenses, avec volets électriques. Il y avait même un superbe fauteuil ancien en cuir. Très confortable — il me manque un peu ;

— Le bâtiment ressemble davantage à une résidence hôtelière bien notée sur « Booking » qu’à un centre pour demandeurs d’asile. Je n’exagère pas du tout : nous avons des points de comparaison, tant avec d’autres centres qu’avec des hôtels ;

— Chaque mois, nous pouvions recevoir des produits d’entretien auprès des travailleurs sociaux. Cela permettait d’économiser et d’éviter de transporter ces produits depuis le supermarché situé à l’autre bout de la ville ;

— À notre arrivée, un kit de produits ménagers nous attendait dans l’appartement. Un travailleur social nous a accueillis très chaleureusement et nous a conduits au supermarché où nous avons pu acheter de quoi tenir quelques jours. Les dépenses (40 €) ont été prises en charge par l’organisation ;

— Nos cartes solidaires de transport ont été établies très rapidement. Elles offrent 75 % de réduction sur les trains et bus TER sur la plupart des lignes de la région Grand Est ;

— Une buanderie est disponible au rez-de-chaussée, avec lave-linge et sèche-linge gratuits pour les résidents. Une table et un fer à repasser s’y trouvent également (que nous n’avons cependant pas utilisés) ;

— En l’absence des travailleurs sociaux à Verdun, nous avions tout de même un accès permanent à eux. Ils étaient très positifs, disponibles et faisaient sincèrement tout leur possible pour aider les demandeurs d’asile ;

— Tous les jeudis, nous étions emmenés en minibus — le fameux Ford — chercher des colis alimentaires au « Restos du Cœur », dans la ville voisine d’Auzéville-en-Argonne. Les bénévoles y étaient très chaleureux ;

— Quatre mois après notre arrivée, nous avons commencé des cours de français. Au début, les travailleurs sociaux nous conduisaient à Sainte-Menehould, puis, à partir de février, les cours ont eu lieu dans notre bâtiment. Les professeurs étaient excellents, nous en étions très satisfaits ;

— Chaque mercredi après-midi, une infirmière tenait une permanence dans le bâtiment. Dans mon cas, elle m’a souvent aidé à prendre rendez-vous avec le médecin généraliste. Je récupérais mes médicaments sur ordonnance à la pharmacie locale, intégralement remboursés par l’assurance. Et le plus surprenant : notre médecin parlait parfaitement russe ;

— Des réunions du conseil de résidents étaient régulièrement organisées, permettant aux habitants d’exprimer leurs remarques et leurs souhaits. Une fois, nous avons même été choisis comme représentants par nos voisins ;

— Une des réunions a conduit au remplacement des petits réfrigérateurs par des modèles à deux compartiments avec congélateur, à la demande de nos voisins russes ;

— Un événement a été organisé pour les résidents dans la ville voisine de Les Islettes. J’y ai présenté ma première exposition photo — non seulement en France, mais de ma vie ! Les voisins ont présenté leurs travaux de design, et certains ont préparé des plats nationaux ;

— Les travailleurs sociaux nous ont également emmenés à des ateliers littéraires à la bibliothèque de Les Islettes ainsi qu’au marché de Noël de Reims, capitale de Champagne ;

— Je tiens encore une fois à souligner que les travailleurs sociaux faisaient toujours de leur mieux pour nous aider, même lorsque ce n’était pas dans leurs obligations. Ils accomplissaient leur travail remarquablement. Nous étions écoutés. Et si un problème existait réellement, il était résolu immédiatement ou avec un peu de temps. On ne nous a jamais fait de promesses en l’air. L’aide était réelle ;

— Nous vivions au bord de la forêt d’Argonne et nous nous y promenions souvent. Certes, nous aurions préféré une grande ville, mais les forêts, collines, étangs et rivières nous ont offert énormément de bons moments. Nous n’avons également que de bons souvenirs de nos voisins et habitants locaux.

INCONVENIENTS :

— À notre arrivée, l’appartement était assez propre et un ménage avait manifestement été fait. Mais il y avait une quantité incroyable de cafards. Nous en avons éliminé une partie en quelques mois, mais le problème n’a été définitivement réglé qu’après une désinsectisation générale du bâtiment. Ensuite, il n’y en a plus eu ;

— L’isolation phonique du bâtiment est assez mauvaise. Cela ne nous dérangeait pas jusqu’à l’arrivée d’une voisine extrêmement bruyante. Imaginez un batteur de groupe rock en répétition juste à côté… Nous avons vécu ainsi un mois, jusqu’à son relogement ;

— Dans les parties communes, le ménage pose parfois problème. Il devrait être assuré par les résidents, mais tout le monde ne le fait pas. Cela concerne les couloirs, escaliers et la buanderie. Un point particulièrement pénible : le nettoyage des filtres du sèche-linge. Les travailleurs sociaux faisaient des efforts pour rappeler l’importance des tâches ménagères, mais les résidents changeant souvent, tout devait être recommencé régulièrement ;

— Il est impossible de recevoir des livraisons au bâtiment : les facteurs n’y déposent ni courrier, ni colis. Tout arrive au CADA de Verdun puis est apporté deux fois par semaine au centre. Résultat : délais assez longs. Mais au fil du temps, les travailleurs sociaux ont commencé à nous appeler pour nous prévenir lorsqu’un courrier arrivait ;

— La localisation. Le centre et les travailleurs sociaux sont formidables. La ville est charmante et agréable. Mais pour la plupart des démarches, il faut aller à Verdun, à 30 km. Les bus sont rares. Chaque déplacement prend presque la journée et demande beaucoup d’énergie. Ce fut notre principale difficulté.

CONCLUSION : Nous avons eu beaucoup de chance. Nous avons vécu dans d’excellentes conditions matérielles et nous avons été accompagnés par des travailleurs sociaux extraordinaires. Malheureusement, nous avons aussi connu d’autres expériences moins positives. Et aujourd’hui, nos conditions ne sont plus aussi bonnes qu’à Clermont-en-Argonne. Nous sommes très reconnaissants envers tous ceux qui nous ont aidés. Ici, au CADA Clermont, nous avons pu nous reconstruire pleinement. Nous remercions sincèrement les travailleurs sociaux et l’ensemble des équipes du CADA Verdun, de Seisaam et de l’OFII pour leur soutien et pour nous avoir transférés dans un lieu aussi exceptionnel.

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

27

28

29

30

31

32

33

34

35

36

37

38

39

40

41

42

43

44

45

46

47

48

49

50

51

52

53

54

55

56

À propos de l’auteur du blog. Je m’appelle Aleksandr UDIKOV. Je suis journaliste originaire de Russie, contraint de quitter mon pays en 2022 en raison de persécutions liées à mes articles condamnant l’attaque contre l’Ukraine. En 2024, j’ai obtenu l’asile politique en France. Dans ce blog, je parle de ma nouvelle vie, je partage mes observations et mes photographies.

Amis ! Ceci est la traduction d’une publication de mon blog russophone Udikov.com (RUS). Les traductions de mes articles en français paraissent sur le site Expaty.Life (FR). Pour être informé des nouvelles publications du blog en français, abonnez-vous, s’il vous plaît, à ma page Facebook (FR).

La version anglophone de ce blog est publiée sur la plateforme Medium (ENG). Pour le moment, j’utilise un traducteur en ligne, il se peut donc que la traduction ne soit pas toujours parfaite. Je vous prie de m’en excuser ! Votre « like » ou votre commentaire sur le site, sur les réseaux sociaux ou sur la chaîne Telegram est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à l’auteur !

© Expaty Life. Blog d’un journaliste en exil | Udikov.com | Expaty.Life

PUBLICITÉ DE GOOGLE