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J’ai adressé des lettres contenant ce texte en français aux responsables encadrant le fonctionnement de la Maison de la Solidarité de la ville de Bar-le-Duc et du département de la Meuse. Il s’agissait de lettres recommandées avec accusé de réception. Au moment où je publie ce texte, elles ont déjà été remises à leurs destinataires. J’ai choisi de supprimer du texte les données personnelles des responsables avant publication, afin de ne porter atteinte à la vie privée de personne.
Signalement de graves manquements dans l’accompagnement social de la MDS de Bar-le-Duc
Madame,
Par la présente, je souhaite attirer votre attention sur un problème sérieux lié à l’accompagnement de ma famille par le service social de la Maison de la Solidarité de la ville de Bar-le-Duc.
Je suis un journaliste russe opposé à la guerre. Mon épouse et moi avons obtenu en France le statut de réfugiés avec le soutien de l’organisation « Reporters sans frontières » (RSF). Nous disposons de titres de séjour d’une durée de dix ans et résidons à Bar-le-Duc depuis mai 2025. Le 4 février 2026, notre fille Nicole est née. Dans un contexte d’exil forcé, de stress, de problèmes de santé, d’absence de proches à Bar-le-Duc et de naissance récente d’un enfant, notre famille se trouve dans une situation de vulnérabilité.
Après la sortie du dispositif AGIR et notre passage sous la responsabilité de la MDS, un travailleur social, Monsieur X, nous a été attribué. Dès réception du courrier nous en informant, nous avons entrepris à plusieurs reprises des démarches pour changer de travailleur social, ce qui constitue un droit incontestable. Cette demande s’explique par le fait que nous avions déjà eu affaire à Monsieur X dans le cadre d’une tentative d’obtention d’une aide FSL pour un déménagement. À cette occasion, selon notre appréciation, il faisait traîner les démarches et ne répondait pas à nos courriels. Nous avons ensuite appris qu’il était en congé de longue durée.
Ayant déjà une expérience négative de communication avec ce professionnel, nous avons entrepris des démarches actives pour changer de travailleur social. Nous avons envoyé plusieurs courriels à Monsieur X ainsi que deux lettres recommandées avec accusé de réception à la responsable du service social de la MDS, Madame Y. Toutefois, notre demande de changement a été refusée.
Je tiens à souligner que, en réponse à nos questions par courriel concernant le futur statut civil de notre fille, Monsieur X, sachant parfaitement que nous avons le statut de réfugiés, nous a suggéré de nous adresser au consulat de la Fédération de Russie. Or, l’OFPRA nous interdit strictement tout contact avec les autorités russes, ce qui représente un danger pour notre vie et notre liberté et pourrait entraîner la perte de notre statut de réfugiés. Nous ne pouvons accorder notre confiance à un travailleur social qui nous propose d’effectuer des démarches contraires à la loi et dangereuses pour nous.
Le 12 mars 2026, nous avons rencontré Madame Y, responsable du service social de la Maison de la Solidarité de Bar-le-Duc. L’objet de cette rencontre était de discuter de la possibilité de changer de travailleur social. Malheureusement, Madame Y a refusé de manière catégorique, dès les premières minutes de l’entretien, tant le changement de travailleur social que le recours à un médiateur indépendant. Elle a adopté un ton élevé, une attitude extrêmement agressive, exercé une pression psychologique et tenu des propos discriminatoires. Elle a notamment déclaré que notre fille, née en France, « ne deviendra jamais française ».
Nous commençons seulement à apprendre le français et ne sommes pas encore en mesure de mener une discussion dans cette langue. C’est pourquoi nous avions demandé à l’avance la mise à disposition d’un service d’interprétation téléphonique, fréquemment utilisé dans ce type de situation. Ce service ne nous a pas été fourni, et j’ai dû utiliser un traducteur en ligne sur mon smartphone. Son utilisation m’obligeait à regarder presque constamment l’écran. Cependant, Madame Y insistait pour que je la regarde dans les yeux, ignorant délibérément la nécessité d’utiliser cet outil pour comprendre ses propos.
Elle a également tenté de m’interdire de tenir des blogs et des pages sur les réseaux sociaux, dans lesquels je pratique le français, échange avec des abonnés et tisse des liens sociaux avec les habitants de la ville. Il est probable que cette tentative d’interdiction soit liée au fait que j’y évoque les difficultés auxquelles nous sommes confrontés en France.
Depuis mai 2025, nous vivons dans un logement social géré par l’OPH Meuse, où persiste une forte odeur chimique provoquant chez moi de violentes crises de toux. Mon état de santé se dégrade rapidement. Je crains également que ces conditions de logement ne soient dangereuses pour la santé de notre fille, qui n’a pas encore atteint l’âge de six mois, une période particulièrement vulnérable.
Un certificat médical attestant de la nécessité de changer de logement pour raisons de santé a été transmis par mes soins à l’OPH Meuse et à la Maison de la Solidarité dès août 2025. Toutefois, aucun logement conforme à notre demande enregistrée sur la plateforme de demande de logement social et compatible avec notre état de santé ne nous a été proposé.
Madame Y a également formulé des jugements négatifs, affirmant que je n’étais pas reconnaissant et que rien ne me plaisait en France, insinuant un manque d’objectivité de ma part, tout en ignorant totalement l’aspect médical de la situation ainsi que le certificat fourni. Elle a également ignoré les copies de courriers que je lui avais adressées par lettre recommandée avec accusé de réception, émanant du cabinet du Premier ministre français, du ministre de l’Intérieur et du ministre de la Santé, des Solidarités et des Personnes handicapées, qui soulignaient la vulnérabilité de notre famille.
Je considère que, par ses agissements inappropriés, Madame Y discrédite le travail important et extrêmement utile des services sociaux français auprès des personnes vulnérables et porte atteinte, en tant que responsable, aux principes fondamentaux de la République française.
Au vu de ce qui précède, je vous prie de :
— examiner les faits exposés ;
— rappeler à Madame Y ses obligations professionnelles ;
— reconsidérer la demande de changement de travailleur social ;
— contribuer à la résolution de notre problème de logement ;
— nous aider à trouver un médecin de famille.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me fournir une réponse officielle écrite dans un délai de 15 jours à compter de la réception de la présente. À défaut de réponse, nous serons contraints de saisir le tribunal administratif et de nous adresser aux médias.
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma haute considération et de mes salutations distinguées.
Bien cordialement,
Aleksandr Udikov
P.S. Il s’agit d’une version développée et adaptée pour les blogs. Une version antérieure, plus brève et plus émotionnelle, a été envoyée par courriel et via des formulaires de contact à des organisations de défense des droits humains ainsi qu’au Premier ministre français.
P.P.S. Par souci d’équité, je précise qu’à la fin de l’entretien, lorsque nous avons accepté un rendez-vous avec le travailleur social qui nous était imposé, le ton de Madame Y s’est adouci. Elle a même évoqué la possibilité de tenter de résoudre nos problèmes de logement et de santé. Toutefois, nous entendons ce type de promesses depuis près d’un an, depuis notre installation à Bar-le-Duc, et nous n’avons aucune raison de les considérer comme fiables, notamment au regard de ses propos au début de l’entretien.
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À propos de l’auteur du blog. Je m’appelle Aleksandr UDIKOV. Je suis journaliste originaire de Russie, contraint de quitter mon pays en 2022 en raison de persécutions liées à mes articles condamnant l’attaque contre l’Ukraine. En 2024, j’ai obtenu l’asile politique en France. Dans ce blog, je parle de ma nouvelle vie, je partage mes observations et mes photographies.
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Amis ! Ceci est la traduction d’une publication de mon blog russophone Udikov.com (RUS). Les traductions de mes articles en français paraissent sur le site Expaty.Life (FR). Pour être informé des nouvelles publications du blog en français, abonnez-vous, s’il vous plaît, à ma page Facebook (FR).
La version anglophone de ce blog est publiée sur la plateforme Medium (ENG). Pour le moment, j’utilise un traducteur en ligne, il se peut donc que la traduction ne soit pas toujours parfaite. Je vous prie de m’en excuser ! Votre « like » ou votre commentaire sur le site ou sur les réseaux sociaux est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à l’auteur !
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© Expaty Life. Blog d’un journaliste en exil | Expaty.Life | Udikov.com
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