PUBLICITÉ DE GOOGLE
Je n’ai jamais pensé que je vivrais un jour en France. Mais il y a eu un moment où, vivant à Moscou, je fréquentais assez souvent des Français.
Une bonne amie à moi, qui parlait très bien le français, avait déménagé à Moscou et trouvé un emploi à l’ambassade de France. Là-bas, elle s’était fait beaucoup d’amis, que j’ai rencontrés à sa fête d’anniversaire après son installation. Des gens formidables, très positifs. J’adorais observer la manière dont ils découvraient notre pays. Ils parlaient tous plutôt bien le russe, donc il n’y avait pas vraiment de barrière linguistique.
Un jour, mon amie Youlia m’a demandé d’aller quelque part avec son amie Nathalie, une Française. Youlia m’a expliqué que Nathalie s’était fait l’idée que tous les hommes en Russie étaient des machos grossiers. Je devais dissiper ce malentendu. Ce n’était pas un rendez-vous, juste une sortie amicale. Du moins, c’est ce que je pensais. Il faut préciser que Nathalie était une jeune femme vraiment charmante à tous égards. Gentille, belle, modeste. Simplement issue d’un univers tout à fait différent du mien.
Nous avons flâné sur les boulevards, puis nous sommes allés discuter au café « Parabar » aux Tchistye Proudy. Le soir, c’était toujours calme et tranquille là-bas. Mais ce jour-là, pour une raison inconnue, une bande d’hommes ivres s’amusait sur la piste de danse dans la salle voisine. Ils buvaient de la bière à même la bouteille, dansaient la macarena en soulevant leurs T-shirts au-dessus de leurs ventres imposants. Je ne comprends toujours pas ce qui se passait ce soir-là.
Le choix de l’endroit a beaucoup amusé Nathalie. Mais ensuite le serveur est arrivé, s’est excusé, a fermé la porte de la salle voisine, nous a apporté des cocktails, a tamisé les lumières et mis une musique douce. Nous avons passé un excellent moment à discuter. Plus tard, Nathalie m’a dit qu’elle avait sans doute tiré des conclusions un peu hâtives au sujet des hommes russes, qu’ils étaient tous différents, qu’il ne fallait pas généraliser.
Il y a eu un moment amusant. Je ne savais pas si je pouvais « faire la cour ». Pas dans le sens de flirter, mais simplement dans le sens de me comporter poliment : ouvrir la porte, aider à mettre le manteau, etc. Je savais que les femmes françaises étaient assez émancipées et j’avais peur d’être mal compris. Finalement, j’ai préféré lui poser la question.
Nathalie a souri et m’a dit que, chez elles, cela ne se faisait pas vraiment. Qu’on pouvait agir ainsi, mais seulement si ce n’était pas une simple rencontre amicale, mais quelque chose de plus. Puis elle a ajouté d’un ton mystérieux : « Mais toi, tu peux le faire. » Sa réponse m’a plongé dans une certaine confusion. Je me sentais à côté d’elle comme un pithécanthrope. Je la voyais plutôt comme une magnifique orchidée derrière une vitre pare-balles. Et je ne pensais absolument à rien de ce genre. Je ne savais pas s’il fallait y penser. Ou si c’était simplement de la politesse, une marque de respect pour nos traditions.
J’étais un garçon très timide, même complexé. Et, malheureusement, un garçon dans une situation financière très difficile. Je faisais des études, je travaillais à deux endroits, et malgré tout je n’avais jamais assez d’argent. Cela me limitait beaucoup. Je garde de cette journée le souvenir d’une soirée très agréable. Et aussi un certain sentiment d’inachevé. Nathalie m’a encore écrit ensuite, elle m’a même invité à aller skier à Souzdal. Mais j’étais noyé dans le travail. Je ne pouvais tout simplement pas me libérer.
Puis elle est rentrée en France. Je me souviens qu’elle vivait quelque part dans la banlieue parisienne. J’ai continué quelque temps à correspondre avec Nathalie, Lionel et d’autres amis français par e-mail. Mais ensuite ma boîte mail a été piratée, ainsi que mon blog. Et la correspondance s’est interrompue. Même si elle commençait déjà à s’essouffler. Je m’en suis souvenu aujourd’hui parce que les gens autour de moi en ce moment ressemblent beaucoup à mes amis français de Moscou et à Nathalie. Simples, gentils et très naturels. Et je me sens bien et apaisé parmi eux.
P.-S. Sur la photo : l’ancienne demeure moscovite de Kouskovo.
—
À propos de l’auteur du blog. Je m’appelle Aleksandr UDIKOV. Je suis journaliste originaire de Russie, contraint de quitter mon pays en 2022 en raison de persécutions liées à mes articles condamnant l’attaque contre l’Ukraine. En 2024, j’ai obtenu l’asile politique en France. Dans ce blog, je parle de ma nouvelle vie, je partage mes observations et mes photographies.
—
Amis ! Ceci est la traduction d’une publication de mon blog russophone Udikov.com (RUS). Les traductions de mes articles en français paraissent sur le site Expaty.Life (FR). Pour être informé des nouvelles publications du blog en français, abonnez-vous, s’il vous plaît, à ma page Facebook (FR).
La version anglophone de ce blog est publiée sur la plateforme Medium (ENG). Pour le moment, j’utilise un traducteur en ligne, il se peut donc que la traduction ne soit pas toujours parfaite. Je vous prie de m’en excuser ! Votre « like » ou votre commentaire sur le site, sur les réseaux sociaux ou sur la chaîne Telegram est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à l’auteur !
—
© Expaty Life. Blog d’un journaliste en exil | Udikov.com | Expaty.Life
PUBLICITÉ DE GOOGLE

